
NOS ILLUSTRES ANCIENS
SOUS-LIEUTENANT FERDINAND CAPDEVIELLE
LE DERNIER AMÉRICAIN TUÉ AU SERVICE DE LA FRANCE
3 - Officier français et fier de l'être (suite et fin)
Mon
régiment attaqua à partir de Veuilly-la-Poterie et le bois du
Croissant et nous emportâmes rapidement trois petits bois où
les Allemands s’étaient installés. L’ennemi résistait
faiblement ; un petit nombre de mitrailleuses ouvrait le feu, mais la majorité
des soldats Allemands s’enfuyait. Encerclant puis capturant occasionnellement
un nid de mitrailleuses rencontré dans un champ de blé ou dans
les bois, les poilus (en français dans le texte) avançaient
rapidement
…
Ma division avait avancé de 32 kilomètres et capturé
des centaines de prisonniers ainsi qu’un important matériel.
Nos pertes n’étaient pas très élevées. Dans
ma compagnie, six hommes avaient été tués et quarante
blessés, la plupart par des tirs de mitrailleuses. Ma conviction est
que dans la deuxième bataille de la Marne seule un grand nombre de
mitrailleuses adroitement disposées sauva les Allemands d’un
grand désastre qui aurait pu même leur être fatal.»
Le 3 octobre 1918, le Lieutenant Capdevielle s’élance de nouveau à la tête de ses hommes lorsqu’il est tué d’une balle dans le front. Cité à l’ordre de l’Armée par le Général Gouraud, le Lieutenant Ferdinand Capdevielle reçoit à titre posthume la Croix de la Légion d’Honneur : «Le Sous-lieutenant Ferdinand Capdevielle : brillant officier. Citoyen américain, engagé volontaire au service de la France dès le début de la guerre. Participant aussi bien avec la Légion Étrangère qu’avec le 170ème R.I. à toutes les batailles importantes de la campagne. Faisant l’admiration de ses hommes et ayant gagné l’estime de ses chefs par ses vertus militaires et morales. Le 3 octobre 1918, chargé d’emmener sa section à l’assaut, il s’élance à la tête de ses hommes, progressant sous le feu violent des mitrailleuses ennemies qu’il tente immédiatement de faire taire en manœuvrant ses pièces. Tombé glorieusement, frappé d’une balle en pleine tête au moment où il se levait pour lancer ses hommes à l’assaut de la position ennemie. Il avait déjà été cité.»
Il est le dernier soldat américain tué au sein de l’armée française. La guerre prenait fin cinq semaines plus tard. Aucun autre volontaire américain de 1914 n’avait participé à autant de batailles historiques au cours du premier conflit mondial.
Sources : un texte anglais de Rich McErlean