L'HISTOIRE DE LA LÉGION ÉTRANGÈRE

1914-1918

9 - LE BATAILLON DE LÉGION ÉTRANGÈRE DU 1er R.M.A.

9 - B - Historique (suite et fin)

Ayant terminé son instruction, la 1ère Compagnie, Capitaine Piéton, est passée en revue le 3 décembre 1918, par l’Ambassadeur de France, Monsieur Noulens et rejoint le front d’Oboserkaia le lendemain. Très vite, elle se constitue en petites unités de skieurs-coureurs des bois, qui vont rendre d’éminents services pendant toute la durée de la campagne. Le 3 mars 1919, la 2ème compagnie, Capitaine Boyet, rejoint le front où peu après elle se trouve très fortement engagée contre l’Armée rouge dans des opérations extrêmement pénibles, par moins 30 degrés. Les pertes sont assez sévères et nombreux sont les cas de membres gelés. En mars, le Commandant Vitrey est rapatrié, remplacé à la tête du Bataillon par le Commandant Monod, «dit Ducimetière», un ancien de la Légion. La 3ème Compagnie et la Compagnie de mitrailleuses terminent leur instruction en juillet et rejoignent le Bataillon qui est appelé à barrer la route d’Arkhangelsk à l’Armée rouge. La mission est brillamment remplie : toutes les offensives ennemies échouent dans ce secteur.

A la fin de l’été 1919, les Alliés constatent l’impossibilité de consolider un Gouvernement du Nord de la Russie. Ils décident le retrait du corps expéditionnaire. Le Bataillon est dissous ; les légionnaires sont libérés sur place. Une partie de ces anciens légionnaires se rend en Estonie où le général russe Ioudenitch les incorpore dans ses troupes : ils portent encore leur uniforme français et c’est dans cette tenue qu’ils vont se battre devant Pétrograd. D’autres éléments rejoignent en Crimée l’armée du général Wrangel.

Les derniers officiers de la Mission militaire française quittent Arkhangelsk le 14 octobre 1919. L’existence du «Bataillon de la Légion Etrangère de Russie du Nord» a été de courte durée mais exemplaire. Il nous a paru intéressant d’en rappeler le souvenir.

Quelques mois plus tard, le bataillon est dissous. En ces temps troublés pour la Russie, le rapatriement des légionnaires n’est pas aisé. Nombre d’entre eux libérés purement et simplement de leurs obligations, rejoignent l’Armée Russe Blanche du Général Ioudenitch. C’est dans leur tenue de légionnaires français qu’ils prennent part aux combats que cette armée livre devant Petrograd.

Article complété par Benoît Guiffray, d’après un article du Lieutenant Solovieff du 1er Régiment Etranger ancien adjudant de ce Bataillon dit «Bataillon Monod»
Paru dans un numéro des années 1930 de la revue «La Légion Etrangère».

Carte des opérations en Russie du Nord et du Sud
La ville d'Arkhangelsk
Le Général Ioudenitch
Le Général Wrangel