NOS ILLUSTRES ANCIENS

LE LÉGIONNAIRE ZINOVI PECHKOFF
GÉNÉRAL DE CORPS D'ARMÉE, AMBASSADEUR DE FRANCE

4 - Au front, en Champagne et en Artois : Les "Ouvrages blancs" et la cote 140 (suite et fin)

Le 13 septembre, en recevant son drapeau, le 2ème de Marche est cité à l'ordre de l'Armée :
"Chargé, le 9 mai, sous les ordres du Colonel Cot d'enlever à la baïonnette une position allemande très fortement retranchée (Ouvrage Blancs), s'est élancé à l'attaque, officiers en tête, avec un entrain superbe, gagnant d'un seul bond plusieurs kilomètres de terrain malgré une très vive résistance de l'ennemi et le feu violent de ses mitrailleuses".

A Berthonval, le Caporal Zinovi Pechkoff a été blessé par balle au bras droit en donnant l'assaut en tête de son escouade. "Son bras pendait, déchiqueté, dans sa manche. Il fit demi tour et marcha, s'arrêtant tous les quarts d'heure, perdant son sang, jusqu'au poste médical, loin à l'arrière. Il y passa deux nuits au milieu des mourants. Un infirmier l'examina. On ne pouvait l'opérer sur place, le poste n'étant pas équipé. Il fallait l'évacuer, mais la gangrène s'était déclaré et progressait vite, il grelottait de fièvre et son bras pourrissait". (3)

Ayant compris qu'il n'a pas d'autre solution de s'en sortir, il décide avec un autre officier blessé de partir pour Paris où un chirurgien de l'hôpital américain de Neuilly-sur-Seine décide sur le champ d'amputer le bras. Rétabli, il quitte l'hôpital mais reste à Paris en convalescence. Sur proposition d'août 1915, il est réformé avec pension le 3 avril 1916 mais le 22 juin suivant, il signe à Paris un nouvel engagement pour la durée de la guerre, affecté au 1er Régiment Etranger, détaché à l'Etat Major où il est nommé "officier interprète" par décision ministérielle.

La Médaille Militaire lui est conférée le 28 août 1916 avec la citation suivante : "A fait preuve le 9 mai 1915 d'un entrain et d'une bravoure admirable, grièvement blessé à l'assaut des lignes allemandes en s'élançant à la tête de son escouade sous le feu des mitrailleuses ennemies". Beaucoup plus tard, à la fin de sa vie, il confiera à ses amis Huré : "C'est à cause de ma blessure que je suis devenu quelqu'un".

Témoignage d'Albert Erlande
Témoignage de G.-Jean Reybaz
Autre témoignage de G.-Jean Reybaz

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(3) Francis Huré, ancien ambassadeur de France, dans son ouvrage "Portraits de Pechkoff" Editions de Fallois Paris 2006).

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