LES FAITS D'ARMES DE LA LÉGION ÉTRANGÈRE

LA ROUTE DU ZIZ

Les problèmes stratégiques 1926 - 1927

Ce n'est qu'après la fin de la campagne contre Abd-el-Krim et après la réduction de la tâche de Taza que le commandement supérieure des troupes du Maroc peut enfin commencer à entreprendre la réduction de la dissidence située au Sud-Ouest et à l'Ouest de la ligne Midelt - Ksar-es-Souk. Le plan, mis au point par l'état-major, comporte plusieurs phases échelonnées dans le temps :
- la première consistera à pacifier le Tafilalet et à prendre pied aux abords immédiats du djebel Sargho en combinant l'actions de groupes mobiles venant de Meknès et de Bou-Denib d'une part,
- et de la région de Ouarzazate de l'autre, les groupes exécutant un mouvement classique de tenaille en direction du secteur à pacifier.

Le problème à résoudre, avant même le début des opérations, est un problème de logistique. Pour permettre aux groupes mobiles une approche aussi facile que possible de leur objectifs et assurer, dans de bonnes conditions, leur ravitaillement en munitions et en vivres ainsi que l'arrivée des relèves et renforts, il est indispensable que des voies de communication carrossables soient créées. Ceci est particulièrement important pour le groupe qui progressera à partir de Meknès et Fès. La piste de 1919 entre Midelt et Ksar-es-Souk était mal adaptée aux besoins d'une armée moderne. Praticable seulement aux piétons et aux animaux de bat, elle n'était pas accessible aux camions, automobiles et véhicules blindés dont l'emploi commençait à se généraliser au Maroc à la suite des enseignements de la première guerre mondiale en Europe.

De plus, son tracé n'empruntait pas la voie la plus directe entre Midelt et Ksar-es-Souk, en particulier à partir de Rich, elle faisait un crochet par Gourrama et Bou-Denib en évitant les gorges du Ziz. Le tracé de 1919 avait une longueur de près de trois cents kilomètres et il était nécessaire de le réduire afin que le nombre de camions affectés au soutien des groupes mobiles soit compatible avec les disponibilités réduites en véhicules aussi bien civils que militaires que le commandement pouvait mettre en service.

En 1926, la direction du génie fut chargée d'étudier un nouveau tracé. Cette étude fut entreprise en 1926 etle début de 1927 dans des conditions qui ne sont pas connues, les archives du génie du Maroc ayant été transférées vers 1935 à la direction des travaux publics à Rabat et étant restées au Maroc après l'accession de ce pays à l'indépendance en 1956.

Quoiqu'il en soit, l'étude du génie aboutit à l'adoption d'un tracé d'une longueur totale, entre Midelt et Ksar-es-Souk, de cent cinquante kilomètres. Cette réduction de moitié de la longueur de la piste résultait de modifications profondes du tracé de 1919 dans la région comprise entre Midelt et N'Zala et dans la région comprise entre Rich et Ksar-es-Souk.

Suite